Guide gratuit

Préparer l'automne et l'hiver sans perdre en forme

La trêve n'est pas une pause dans votre progression — c'est le moment où elle se construit. Voici comment j'organise cette période avec les cyclistes que j'accompagne.

1Pourquoi cette période compte autant que l'été

La tentation, à la rentrée, c'est de lever le pied complètement en attendant le printemps. Erreur : c'est justement maintenant que se construit la base sur laquelle toute votre saison va reposer. Un cycliste qui garde un minimum de régularité entre octobre et février part au printemps avec plusieurs semaines d'avance sur celui qui a tout arrêté.

2Le socle : l'endurance fondamentale

L'essentiel du volume de cette période doit rester en endurance — une allure où vous pourriez tenir une conversation. C'est ce travail, discret et peu spectaculaire, qui développe la capacité de votre corps à utiliser l'oxygène et à brûler les graisses comme carburant : la vraie fondation de la performance.

  • Majorité du volume en endurance fondamentale (zone 2), pas en intensité
  • Régularité plutôt que volume : mieux vaut 3 sorties courtes fiables qu'une grosse sortie improbable
  • Gravel et E-VTT sont particulièrement adaptés à cette saison — moins de contrainte que la route par mauvais temps

3Garder un peu de piquant

Pas question de viser la forme de pointe en plein hiver — gardez ça pour la période de compétition. Mais une séance par semaine avec un peu d'intensité (tempo ou sweet spot) suffit à entretenir vos capacités hautes, sans épuiser vos réserves de récupération.

  • 1 séance/semaine avec un peu d'intensité, pas plus
  • Le reste du temps : endurance et technique, sans forcer

4Le renforcement musculaire

C'est LE créneau pour travailler ce qu'on néglige en pleine saison : la force, le gainage, les équilibres musculaires. Deux à trois séances par semaine suffisent pour arriver au printemps avec des jambes plus solides — c'est exactement ce que couvre ma formule Programme + Renfo.

  • 2 à 3 séances/semaine de renforcement (jambes, gainage, équilibres musculaires)
  • Objectif : corriger les déséquilibres accumulés pendant la saison, pas se blesser à l'excès

5L'agilité et la kinesthésie

C'est un point qu'on néglige trop souvent, et pourtant il est judicieux — je dirais même nécessaire — de le travailler dès l'hiver. L'agilité et la kinesthésie (la conscience de son corps en mouvement) améliorent directement vos aptitudes, que vous rouliez en VTT, en Gravel ou sur route. Cette partie se travaille aussi bien avec le vélo que sans lui.

  • Avec le vélo : maniabilité, équilibre, réactivité sur terrain varié
  • Sans le vélo : proprioception, coordination, gainage dynamique
  • Objectif : mieux réagir aux imprévus — nid-de-poule, racine, obstacle — et se préserver sur la route comme dans les chemins

6Home-trainer et plan structuré

Quand le temps ne s'y prête pas, le home-trainer permet de garder un contenu précis sans dépendre de la météo. C'est là que ma méthode en 4 étapes — bilan, profil, plan structuré, suivi tous les 15 jours — prend tout son sens : un programme qui s'adapte à vos séances réelles, transmis via Garmin ou Polar.

7Une vraie coupure

L'adaptation se fait au repos, pas pendant l'effort. Prévoyez une à deux semaines de vraie coupure dans l'hiver — vélo ou pas — plutôt que de vous forcer par culpabilité. C'est ce qui évite d'arriver cramé en mars.

Envie d'aborder cette période avec un vrai plan plutôt qu'à l'instinct ? Commençons maintenant, pas en mars.

En discuter